Certains se sont interrogés sur l’expression « faire la movida » que j’ai employée dans l’interview parue dans le numéro de février du magazine V Marseille…
Exprimer la volonté de « faire la Movida » à Marseille n’est pas une parole prononcée à la va-vite au détour d’une discussion mais simplement l’expression d’un désir : que Marseille devienne enfin une ville à la hauteur de son potentiel.
Sémantiquement, avant d’être associé au mouvement culturel espagnol bien connu du postfranquisme, movida est le participe passé de mover qui signifie remuer, mouvoir mais aussi provoquer et susciter.
Ce n’est donc pas l’expression d’une agitation vaine et sans fondement, mais bien celle d’un catalyseur de mouvement qui irait grandissant et enrichissant Marseille, emportant dans son sillon ses formidables ambitions et ses nombreuses capacités.
Les années de Transition espagnole ont créé la Movida, avec une majuscule, expression d’un mouvement culturel et artistique qui ne se réclamait de rien mais qui intégrait tout.
Certes, la Movida est initialement madrilène et fût l’occasion pour la capitale de prendre sa revanche culturelle sur Barcelone. Mais son lieu de naissance s’explique surtout car la Movida a été favorisée sur le plan politique par le mandat d’Enrique Tierno Galvan, maire emblématique de Madrid dont la mort a sonné le glas du mouvement. La Movida a su cependant rapidement gagner d’autres villes du pays comme Barcelone, Bilbao ou encore Vigo.
Ainsi, « faire la movida » ce n’est pas tout autoriser sans limite mais exprimer la volonté politique de donner ses chances à l’ébullition, au progrès, à l’innovation et à la grandeur.
« Faire la movida » c’est agir à l’instar de Tierno Galvan. Sa déclaration exacte : « ¡ Rockeros: el que no esté colocado, que se coloque… y al loro ! » a été prononcée lors d’un festival de musique en 1984, en pleine Movida. Il joua alors sur le double sens du verbe colarse signifiant à la fois se défoncer mais aussi prendre place.
Tierno Galvan a aussi eu cette phrase: « Toda gran revolución política es una gran revolución moral. Toda gran revolución moral supone una gran revolución política. »
C’est en suivant cet exemple que Marseille connaîtra enfin la Movida et qu’elle sera movida.
Et ce mouvement, je l’espère, permettra à notre ville de sortir de toutes ces années d’immobilisme et de briser ce plafond de verre pour faire enfin entrer Marseille dans le XXIème siècle.
La ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion s’est exprimée à l’occasion des vœux aux forces vives, mardi 22 janvier 2013 au Ministère. Voici son intervention.
Une société plus démocratique enfin. Car je suis persuadée que la construction d’un monde commun, que la recherche de l’égalité, passe désormais par une plus grande attention à la parole de chacun. Je veux tant que possible dépasser les logiques de dispositif pour faire place aux parcours de vie, je veux tant que possible que la solidarité se conjugue à l’attention à autrui, à un accompagnement soucieux de la personne, de l’humain.